L'ancien Orgue


Son histoire à Roquevaire commence en Mai 1825 date à laquelle le conseil municipal vote le principe de la construction d'un orgue dans l'église paroissiale, dépourvue d'instrument jusque là. Le 12 Janvier 1826, François Foltz signe une convention "avec le sieur Blondeau de Marseille pour la confection d'un orgue". Le curé de la paroisse est alors l'abbé Flayol.

Le 5 Mars 1826, le conseil municipal vote le budget. L'orgue coûtera 12.400 francs or, répartis sur les budgets de 1826-27-28-29. Le conseil est unanimement d'accord. Le Maire a en caisse 2.438,88 francs, une somme "oisive(!) n'étant point nécessaire pour le service actuel auquel il est pourvu par le revenu assuré des services de la commune".. Monsieur le Préfet approuve le 11 Mars 1826.

Aussitôt les travaux commencent.... et les difficultés aussi !

En fait, le sieur Blondeau avait été choisi parce qu'il paraissait, aux yeux de Monsieur le Maire, "apte à cet objet, c'est-à-dire la fabrication de l'instrument et raisonnable dans ses exigences. Le seul parmi les plusieurs qui se sont présentés". On ne connaît pas les autres, mais, aujourd'hui, nous savons que le sieur Blondeau n'était pas raisonnable du tout !

Petit fils de Jacques Genoyer, Léonard Blondeau, installé à Marseille au 35 rue Vacon, sera l'objet de multiples contestations pour la plupart des travaux qu'il réalisera de 1810 à 1840. Quand il "construit", il le fait généralement avec du matériel de récupération.

C'est le cas à Roquevaire où, déjà, le 24 Octobre 1826, il menace de tout arrêter si on refuse de lui avancer la somme de 1.400 francs qui lui devait être comptée qu'après réception des travaux. Une autre délibération, en date de 9 Décembre 1829, stipule que les travaux ne sont toujours pas finis ! alors que la convention parle d'un délai de 11 mois. Blondeau prétend le contraire mais ne peut pas livrer l'instrument. Monsieur le Maire fait alors appel à deux experts venus d'Aix pour réceptionner l'orgue : Blondeau refuse d'y assister. Les experts constatent que l'instrument a plusieurs défauts et qu'il manque des jeux. Bref, des années de procédure vont suivre.

En 1839, la paroisse demande à monsieur le Maire de l'aide pour la refonte des cloches discordantes et .... pour la réparation de l'orgue. Le 7 Avril de cette même année, le conseil municipal présente son budget annuel dans lequel pour la première fois y apparaît :

Chantres et serpent 100 Fr

Organiste 300 Fr

Sacristain 300 Fr

Vicaire 250 Fr

Bedeau 50 Fr

Balayeuse 24 Fr

En plus on note la somme de 1.500 Fr "nécessaire pour l'entière confection des orgues, abandonnées dans le temps par le facteur" et on décide "de se charger de cette réparation et, pour le surplus, la commune secourra le Fabrique suivant les moyens de celle-là et les besoins de celle-ci".

De nouvelles réparations furent effectuées de 1880 à 1882 et coûtèrent 800 Fr.

Mais en 1891, "les orgues sont condamnées au silence attendant leur restauration et un organiste pour s'en servir magistralement".

C'est à François Mader, installé à Marseille depuis 1855 et de grande renommée, que l'on s'adressera pour une reconstruction de la partie instrumentale.

 

L'inauguration a lieu le 13 Mars 1893 par Paul Reynaud, organiste à Notre-Dame du Mont à Marseille. Le nouvel instrument comporte 14 jeux posés sur les 20 prévus.; 2 claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 25 marches. En voici la composition :

Grand Orgue
Récit (expressif)
Pédalier

Bourdon 16'

Montre 8'

Flûte Harmonique 8'

Gambe 8'

Prestant 4'

Doublette 2'

Plein Jeu

Basson 16'

Trompette 8'

Clairon 4'

Principal 8'

Bourdon 8'

Salicional 8'

Voix Céleste 8'

Dulciane 4'

Basson 8'

Voix Humaine 8'

 

 

 

Flûte 16'

Flûte 8'

Bombarde 16'

 

 

 

 

Par la suite, l'instrument, étant entretenu par J.A. Négrel, installé à Roquevaire, ce dernier apportera quelques modifications sur la composition : outre l'ajout d'une Soubasse 16' à la pédale, les jeux de Principlal 8', Voix Céleste 8' et Voix Humaine 8' du Récit seront supprimés au profit d'une Flûte 8', d'un Nasard 2'2/3, d'un Larigot 1'1/3 et d'un Octavin 2' dans le but, alors à la mode, de lui donner une touche néoclassique.

Le buffet a-t-il été récupéré d'occasion par Blondeau. En effet, il évoque fortement celui du facteur Thomas Laurent Borme, installé en 1802 à Notre-Dame du Mont (Marseille) et transféré à Eyguières où il est encore aujourd'hui. Quoiqu'il en soit, une inscription a été retrouvée inscrite sur l'un des chapeaux de tourelle : "LANGUEDOC L'ESPERANCE, compagnon menuisier du Devoir de l'Arche". Il n'y a malheureusement pas de date, mais il s'agit tout de même d'une piste de recherche précieuse.

Jacques Garnier, l'actuel titulaire, le maintint en survie jusqu'en 1988, année où l'orgue à bout de souffle n'arrivait plus à couvrir le bruit du ventilateur électrique! La question de savoir si cet instrument de 16 jeux, plusieurs fois remanié, et manifestement trop petit pour l'importance de l'église, méritait d'être restauré tel quel? ou bien n'avait-on pas là l'occasion d'envisager un nouvel instrument de qualité, plus digne de l'édifice et des besoins culturels?

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